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Le Prix Louis PERGAUD un des plus anciens prix littéraires de Paris

L’association Les Francs-Comtois à Paris et en Ile-de-France plonge ses racines dans les événements oubliés de la « révolution pacifique du 4 septembre 1871 » avec la naissance du Cercle Républicain Franc-Comtois, qui se constitua en Association « Les Francs-Comtois à Paris » le 1er janvier 1892. Dès son origine elle rassemblait beaucoup d’écrivains dont le poète Charles GRANDMOUGIN et l’historien Charles BEAUQUIER.
Louis PERGAUD (1882-1915), écrivain et poète franc-comtois, obtint le prix Goncourt le 8 décembre 1910 pour sa première œuvre en prose De Goupil à Margot. Il mourut au front lors de la première guerre mondiale, le 8 avril 1915, dans la Woëvre, non loin de Verdun.
Les créateurs du Prix Louis PERGAUD sont le président Henry Le FRAPPER, avocat à la cour, entouré de Georges LECOMTE, secrétaire perpétuel de l’Académie Française, Eugène CHATOT, écrivain, ami et héritier de Louis PERGAUD, et Jules JEANNENEY, ancien président du Sénat, par décision du conseil d’administration du 17 décembre 1953. Le prix était doté, grâce à une souscription qui avait permis de gratifier le lauréat de 50 000 Francs. Le Prix Louis Pergaud fut vite qualifié de « petit Goncourt Comtois ».

Le premier Jury était composé de 13 jurés :
Marguerite Henry-ROSIER, de la Société des Poètes et Auteurs Français, Thérèse LONGIN, historienne, René FLORIOT, avocat aux Assises, André TOULOUSE, bâtonnier de l’ordre des avocats à Paris, le professeur BULLIARD, de la Faculté des Sciences de Paris, le professeur GUILLAND, de la Faculté des Lettres de Paris, Maurice BOUTTERIN, architecte en chef des Palais Nationaux, prix de Rome, André FALQUE, président de la Fédération des syndicats d’initiative de Franche-Comté, Emile VUILLERMOZ, critique musical, Auguste BAILLY, écrivain franc-comtois, célèbre helléniste, Charles DORNIER, écrivain franc-comtois, Romain ROUSSEL, homme de Lettres et le président des Francs-Comtois à Paris, Maître Henry Le FRAPPER.

Se sont succédés comme présidents de l'Association Les Francs-Comtois à Paris et par conséquent du Prix Maître Henry Le FRAPER en 1954, Maître François PAPILLARD en 1962, Maître Jean-Octave ALLEMAND en 1970 et Pierre GÉRARD depuis 1996.

En 2017 le Jury compte 9 membres :
André BESSON, historien, romancier, à Dole, Claude DUBOZ, magistrat, de la famille de Louis Pergaud, à Paris, Maître Serge PAUTOT, avocat, président des Francs-Comtois à Marseille, professeur Etienne TISSOT, chirurgien à Lyon, Françoise DESBIEZ, écrivain, à Versailles, Michèle TATU, écrivain, à Besançon, Roger FAINDT, écrivain, à Miserey-Salines, Michel DODANE, comédien, écrivain, à Maisons-Alfort et Pierre GÉRARD, président, historien, romancier, à Boutigny-sur-Essonne.

Nombreux sont les lauréats que l’obtention du Prix Louis PERGAUD a confortés ou a permis de se faire mieux connaître, parmi eux citons les plus connus Jean DEFRASNE (1955), Henry FROSSARD (1958), André BESSON (1959), Jean VARTIER (1967), Paul-René MACHIN (1969), François GIROD (1976), Robert BICHET (1977), Yves TUBERGUE (1979), Pierre PERRIN (1986), Michel VERNUS (1989), Marie-Thérèse BOITEUX (1991), Pierre GÉRARD (1995), Françoise DESBIEZ (1999), Laurence dite Lola SÉMONIN (2000), Roger FAINDT (2001), Guy-Louis ANGUENOT (2003), Michel DODANE (2004), Jean-Marie JACQUET (2005), Daniel ANTONY (2006), Jean-Louis GROSMAIRE (2007), Françoise RODARY (2008), Jacques RITTAUT-HUTINET (2009), Lionel ESTAVOYER (2010), Brice LEIBUNDGUT (2011), Joseph PINARD (202), Bernard KUDLAK (2014)…

74 lauréats ont été couronnés, dont 14 femmes. Que faut-il pour tenter d’obtenir le prix Louis Pergaud ? Postuler d’abord avec un ouvrage édité non primé, mais aussi être Franc-Comtois ou bien sans l’être écrire à propos de la Franche-Comté pour « célébrer dignement la Franche-Comté ».

De 2003 à 2013, le (la) lauréat(e) du Prix Louis Pergaud recevait une reproduction du buste de l’écrivain, réalisé expressément par l’artiste Nacéra Kaïnou et offert par la Ville de Besançon. Un nouvel emblème a été créé en 2014. Depuis 2005 le (la) lauréat(e) reçoit également une dotation de 1000 €, pendant deux années assumée par l’association et depuis 2007 par le Conseil départemental du Doubs. La cérémonie depuis 2003 se déroule en alternance à Paris et en Franche-Comté.


 Conférence Alésia - PDF

Point de vue   Franche-Comté ou Bourgogne ? Les deux s'il-vous plaît !

J'ai toujours pensé que la Franche-Comté est plutôt un pays qu'une région. Le pays est une notion géographique et humaine. Le débat sur le regroupement des régions actuelles permet de montrer ce que nous sommes vraiment. Pour dire la vérité, tous les Francs-Comtois savent que notre région devrait se nommer la "Franche (= libre) Comté de Bourgogne" tandis que la Bourgogne est en réalité le Duché de Bourgogne, parce que nous avons des origines communes ! Aujourd'hui il nous est proposé de créer une double région, essentiellement économique pour renforcer les capacités européennes. Ce défi devrait, comme cela est déjà arrivé plus d'une fois dans l'histoire nous rassembler, l'union faisant la force, sans toucher à nos particularismes, venus de la nuit des temps !
Ensemble et avec d'autres au sud (Dijon, Lyon, Nevers, Genève, Avignon, la Suisse) nous faisions partie du Royaume Burgonde, du VI° au VII° siècle (le roi Gondebaud) avant d'entrer dans le grand Royaume Franc. Puis du XIV° au XVI° siècle nous étions partie prenante des Etats Bourguignons avec d'autres au nord (Picardie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg). Le Duché devint Français dès la fin du XIV° siècle. C'est ainsi d'ailleurs que les Francs-Comtois étaient alors les seuls vrais "Bourguignons" puisqu'indépendants héritiers des Burgondes.
La Franche-Comté fut longtemps en grande partie membre du Saint Empire Romain Germanique, la partie espagnole de l'empire des Habsbourg (1477-1665). Enfin en 1678 nous devenions Français, du moins pour moitié puisque l'autre moitié des Francs-Comtois fut exterminée par les rois de France (Louis XI, Henri IV, et surtout Louis XIV). Et c'est la Révolution Française qui reconnu notre existence en tant que Franche-Comté distincte de la Bourgogne par la création des Départements du Doubs, du Jura et de la Haute-Saône.
Au cours de ces périodes souvent troublées, avec la Bourgogne ou non, nous avons gardé notre identité, Français ou Espagnols, nous avons gardé nos valeurs... Nous resterons Francs Comtois, parce que nous avons les habitudes d'un pays (us et coutumes) depuis bien avant le Moyen Age ou la Révolution Française.

Déjà nos ancêtres Gaulois, les Séquanes, indépendants dans un espace celtique européen, avaient leurs pratiques autonomes et ils s'étaient installés sur un territoire peu occupé auparavant, encore plus étendu que la Franche-Comté actuelle, au point de donner leur nom au fleuve Seine (déesse Sequana, n'en déplaise à eux qui prétendent que les deux appellations n'auraient pas la même origine) naissant au nord de l'actuelle Bourgogne, dans le village dit Source-Seine-Blessey (Côte d'Or) sur un site du territoire Lingon (plateau de Langres). Les Gallo-romains créèrent la Maxima Sequanorum (Très grande Province des Séquanes).
Puis Comtes et Comtesses de Bourgogne (= Franche-Comté) l'administrèrent.

Les Francs-Comtois habitent un pays accueillant, au carrefour Nord-Sud (Pays-Bas vers l'Italie, Ouest-Est (Bretagne vers Suisse, Autriche...), Sud-Nord (Espagne vers le Luxembourg ou l'Allemagne) ou Est-Ouest (l'Allemagne, la Suisse vers l'Océan Atlantique) très anciennement traversé par des marchands et des troupes. Un pays géographique et historique toujours aussi attirant par ses talents variés.
Nous n'avons aucun complexe à développer ni d'infériorité, ni de supériorité. Nous avons à poursuivre nos conceptions civiques, à les partager, à les développer par le dialogue. Craindre l'avenir n'est pas logique, alors que nous avons tellement de trésors à apporter, qui nous permettent un grand développement. Nous le savons bien nous, Francs-Comtois à Paris, ou à Marseille, ou au Québec, aux Etats-Unis, nous qui vivons ailleurs qu'en Franche-Comté cela ne nous a pas transformés !... Je dirais même que nous revendiquons encore plus cette spécificité.
Anecdotique
Alesia va se trouver dans la "même région" ! Enfin l'Ile-de-France se rapproche de la Suisse !
Ce retour à des notions fondamentales, "savoir qui nous sommes pour mieux vivre au milieu des autres" nous permet de comprendre le Monde.
A Dijon et à Besançon, n'avons-nous pas le même accent ?
Cette contribution au débat souhaite apaiser les esprits et montrer la chance qui pourrait nous être donnée pour peu que cette Union ne se transforme pas en combats inutiles et illogiques. Il ne s'agit pas de conquête mais de développement pacifique. Connaître son passé permet de préparer un avenir meilleur.

Pierre GÉRARD

     N°135 / juin 2015 / La Franche-Comté vue d’ailleurs / 05


Jeudi 1er juin 2017, 18 h Prochaine Conférence : Dominique Parrenin (1665-1741) missionnaire jésuite à la cour de l'Empereur Chine,
par Brice Leibundgut, président de l'association Les Amis de Louis Pergaud.