Louis Pergaud

Cérémonie de remise  du PRIX LOUIS PERGAUD 2018

Discours de Pierre Gérard, président du Jury du Prix Louis Pergaud
et de l’association Les Francs-Comtois à Paris et en Ile-de-France
au Conseil Départemental du Doubs
le mercredi 12 décembre 2018, 17 h 30

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers amis,

             Je voudrais d’abord remercier Madame la présidente du Conseil du Doubs, Madame Christine BOUQUIN, représentée par Monsieur Ludovic FAGAUT, vice-président de nous accueillir en cette belle salle.
Et je salue toutes les responsables qu’ils soient élus, auteurs, journalistes ou du domaine de l’édition, des librairies et des bibliothèques, associatifs et autres amis de Franche-Comté qui nous font l’honneur d’être présents :
Je remercie les Jurés présent-e-s ce soir avec nous, qui ont participé à la désignation du lauréat 2018, dont Mme Françoise Desbiez, Mme Michèle Tatu,
Et je voudrais excuser celles et ceux qui regrettent de ne pouvoir participer à cette belle soirée : M André Besson, M Roger Faindt M Michel Dodane, M le professeur Etienne Tissot, et Maître Serge Pautot, Président des Francs-Comtois à Marseille et en Provence.
L’an dernier à Paris nous recevions le poète Guy Thomas, parolier et ami de Jean Ferrat qui a fait de la Franche-Comté sa terre d’élection en s’établissant voici longtemps dans le Jura.
Je voudrais d’abord rappeler celui qui nous rassemble ici ce soir.
Louis Pergaud disparut sur le front le 8 avril 1915 à Fresnes en Woëvre (Meuse), voici bientôt 104 ans. Mort pour la France pendant la Grande guerre nous rappelons à chaque cérémonie son sacrifice pour la patrie, comme celui de plus de 500 écrivains français.
     Notre association organise en avril des années dernières en son souvenir le ravivage de la flamme au soldat inconnu sous l’Arc de triomphe à Paris. Faut-il rappeler que le nombre total des victimes du plus grand conflit mondial représente environ 19 millions de morts : 10 millions de militaires, 9 millions de civils.
      L'association des Francs-Comtois à Paris par son président d’alors Maître Henry Le Fraper, a créé le Prix Louis Pergaud en 1953 pour maintenir la mémoire de l’écrivain et pour honorer celles et ceux qui défendent notre façon de vivre. Depuis 1954, ce sont donc 78 lauréats et lauréates qui ont ainsi été félicité-es parce qu’ils faisaient honneur à la Franche-Comté.
      En cette année 2018 le jury avait à choisir entre une diversité de 7 excellents ouvrages. Et je veux, une fois n’est pas coutume, les citer tous pour que vous compreniez bien que la fonction de Juré du Prix Louis Pergaud n’est pas une sinécure.
Excellence et diversité y côtoient talent, travail et ingéniosité…
Luc POIROT Comté Morbier Mont d’Or, Jean TOURNIER La Fiancée volée aux Editions Cêtre, Guy GIRARD Le Violon d’Hannah, Association des Auteurs Ç éditions, Eveline SOULIER Pour un air d’accordéon, Cabedita,  Gérard CHAPPEZ ROUGET de LISLE l’oublié du Panthéon aux Editions Sutton, Jean-Claude BARBEAUX Franche-Comté 1968, Editions du Sekoya, et sous la direction de Flavie AILHAUD & Noël BARBE Les Cahiers de l’Ethnopôle Pergaud… l’Autre, Editions du Sekoya.

      Franche-Comté 1968 s’est maintenu en tête aux deux tours, avec 4 voix, Le violon d’Hannah, de Guy GIRARD en obtenant 3, Pour un air d’accordéon d’Eveline SOULIER, 1 voix et Rouget de Lisle, de Gérard CHAPPEZ, 1 voix également.

Le lauréat est donc cette année Jean-Claude BARBEAUX pour
Franche-Comté 1968
paru aux Editions du Sekoya d’Alain Mendel à Besançon

Nous félicitons l’auteur et l’éditeur

     Jean-Claude Barbeaux, nous vient de Lons le Saunier. Après avoir travaillé pour divers organes de presse parmi lesquels Le Progrès de Lyon, le quotidien Le Sport, ou Courrier International il a été rédacteur en chef de Pays Comtois, à Besançon, pendant dix ans. Puis il a créé les éditions Tigibus, spécialisées dans la publication d’ouvrages régionaux (patrimoine, histoire, produits régionaux, biographie…). Enfin il a aussi participé au magazine Esprit Comtois.
      Depuis 2008, il est journaliste indépendant et il a déjà écrit 12 ouvrages consacrés à la Franche-Comté dont Les 1001 merveilles du Jura, le 13e étant ce passionnant retour sur 1968.
      En cette année de cinquantième anniversaire des évènements de mai et juin 1968, l’ouvrage dessine le portrait de notre région à l’avant-garde du bouillonnement, entre traditions en voie d’érosion et modernité galopante. Le livre de Jean-Claude Barbeaux traduit l’atmosphère de mai et en juin en Franche-Comté où la grève générale est intensément suivie dans les usines, les chemins de fer et les facultés. 25000 ouvriers chez Peugeot, 8000 à l’Alsthom, 3000 à la Rhodiaceta, 2000 chez  Kelton, 1300 chez Lip… 47 h de travail par semaine, la pression subie par les jeunes ouvriers, revenus de la guerre d’Algérie pour trouver des contremaîtres militaires de carrière,
      Le 27 mai à Besançon, une imposante manifestation s’est terminée devant la préfecture pour la partie étudiante et des accrochages avec les forces de l’ordre. L’assemblée générale quotidienne se rassemble ensuite dans l’amphithéâtre Donzelot de la faculté des lettres. L’un des responsables étudiant, Bernard Lhomme, est soudain victime d’une crise cardiaque, il décède… les esprits sont marqués  et un hommage sera rendu « à notre camarade dont le dévouement à la cause des ouvriers et des étudiants est ancien, ce militant agit depuis des années et il savait parler haut et fort pour défendre ses idées… Même sans lui la lutte continue ».
     « L’atmosphère est dramatiquement alourdie le 11 juin quand deux ouvriers sont tués lors d’affrontements avec les forces de l’ordre à Sochaux, chez Peugeot » ajoute Jean-Claude Barbeaux.
     Le cinquantenaire des Evénements de mai-juin 1968 réserve bien des surprises. Beaucoup d’entre nous ont vécu cette période agitée. Nous avons la chance qu’il se soit trouvé un bon auteur pour les célébrer à la manière d’un historien… Le jury du Prix Louis Pergaud a voulu le valoriser… Il n’est en effet pas sûr que toutes les Régions aient marqué cet anniversaire. Pour cause notre région en a connu les prémisses.
      Les événements qui secouent actuellement la France leur donnent comme un écho inattendu,… l’histoire ne se répète pas, elle bégaie, aurait-dit un certain Karl Marx !
       A celles et ceux qui les connaissent comme à ceux qui pourrons les découvrir, « Franche-Comté 1968 » apportera la plaisir de voir des personnages de notre région bien connus, pas seulement pour les évènements mais dans les sports et la culture en général : le syndicaliste belfortain André Bergeron, Jean-Pierre Chevènement, Jean-Luc Mélenchon, l’athlète Jacky Boxberger et le boxeur Jean Josselin, les ministres Edgar Faure et Jean-Marcel Jeanneney, les syndicalistes Louis Lacaille, Charles Piaget et Suzanne Zedet, Bernard Clavel en route vers le prix Goncourt, Jacques Brel qui chante Vesoul, l’horloger Fred Lip remonté contre le... patronat et bien d’autres. On y croise aussi, parmi d’autres, Philippe Labro, Jacques Delors, Jacques-Alain Miller… et bien d’autres !

       En vous remerciant une fois encore d’avoir participé à ce beau moment.
                                                                                                    
 Pierre Gérard


 Remise du prix Louis Pergaud 2018

Merci à l’association des Francs-Comtois à Paris et en Ile de France et à son jury pour son choix. Je dirais que, quand l’on voit le bandeau avec le nom de Louis Pergaud sur son livre, on est incité à moins faire le malin. D’autant qu’il s’agit de succéder à Guy Thomas, ce qui n’est pas rien non plus.

Je remercie Mme la Présidente du Département du Doubs, pour son accueil, mon éditeur Alain Mendel qui a repris au vol et avec dextérité ce pavé sur l’année 1968 et par anticipation tous les libraires qui donneront de la visibilité à l’ouvrage.

Je dédie ce livre à ma famille et j’ai une pensée pour les victimes des évènements tragiques de Strasbourg.

Quelques mots sur Louis Pergaud, ou plutôt sur Delphine Pergaud. Voici quelques semaines nous avons commémoré le centenaire de l’armistice de 1918. À cette date, Louis Pergaud est porté disparu depuis 1915. À cette date du 11 novembre, cet armistice c’est comme un espoir pour Delphine Pergaud qui espère encore revoir réapparaître son Louis, comme c’est le cas pour des milliers de femmes de portés disparus.

De 1918 à 1968, il n’y a qu’un pas puisque le cinquantenaire de l’Armistice est en 1968 l’une des deux grandes manifestations attendues de l’année avec les Jeux Olympiques de Grenoble. L’histoire en a décidé autrement, c’est entre autres ce qui m’a décidé à écrire ce livre basé notamment sur les archives de la préfecture du Doubs qui propose une vision passionnante de cette époque qui est aussi des aspects tragiques. Nous sommes dans ces locaux à un lieu stratégique des évènements de mai et juin 1968 : pendant que de son bureau le préfet Bernard Vaugon mène sans fébrilité apparente les affaires de l’État, la révolution se développe à 274 pas – je les ai compté ! – dans la faculté de lettres.

C’est donc un portrait de la Franche-Comté que je propose dans ce livre, elle a à la fois beaucoup et peu changé. Pour la petite histoire, 1968 sera une année très positive pour le Doubs et le massif du Jura : c’est l’année de naissance d’Anne Briand, Fabrice Guy et Sylvain Guillaume.

Vous ne m’en voudrez pas, mais je terminerai par un message personnel façon Radio Londres, en l’imaginant lu par Pierre Dac. Le message est le suivant : « Il n’y a plus de cloche au belvédère du Moulin ». Il parviendra certainement à l’intéressée.

Je vous remercie.

Jean-Claude BARBEAUX


 Cérémonie de remise du prix Louis Pergaud 2018
Discours de M Ludovic FAGAUT, Vice-Président du Conseil départemental du Doubs, chargé de la culture, des sports et de la jeunesse

Bienvenue à vous M le président, aux membres du jury, aux élus et aux auteurs, personnalités comtoises du monde des Lettres, des Arts et des Sciences, et à vous ici présents.
Quel beau prix que celui du prix Louis Pergaud, dont le but porté par l’association les Francs-Comtois à Paris et en Ile de France, est de maintenir les liens entre Francs-Comtois... Ce prix Louis Pergaud y participe directement. Car à un écrivain Comtois ou non, à une œuvre ce prix Louis Pergaud.
Qui pour succéder à M Guy Thomas, auteur des Chevrotines et folies douces, poèmes, qui s’est vu attribuer le prix en 2017 ?
Depuis 1954, l’association recherche ces ouvrages, ces auteurs qui valorisent notre territoire, ses départements, à l’heure où les citoyens sont en perte d’identité.
Je voudrais rappeler que le Conseil départemental du Doubs dans sa politique, soutient les concours, organismes et associations œuvrant pour la lecture car la lecture publique est inscrite au carrefour des enjeux de notre projet politique, c’est-à-dire : réussite de l’éducation, attractivité territoriale, éducation. Notre soutien aux bibliothèques, qui sont 250 dans Ce prix qui est dans les champs du développement culturel des territoires participe pleinement à la p…le de nos trois axes.
Un grand merci à l’Association les Francs-Comtois à Paris pour e travail effectué et comme cela a été dit fut un temps, le prix Louis Pergaud c’est notre Goncourt Comtois.


Prix Louis Pergaud 2017


L'association des Francs-Comtois à Paris a créé le Prix Louis Pergaud en 1953 pour maintenir la mémoire de l’écrivain défenseur de la vie animale, poète comme son ami le belfortain Léon Deubel, et pour honorer celles et ceux qui défendent notre façon de vivre.

Le 76e lauréat a été honoré le 24 novembre 2017, en mairie de Paris 11e :

le poète Guy THOMAS pour son livre Chevrotines et Folies douces, poèmes, (édition Le bruit des autres, 91 Palaiseau, 2013)

Le président du Jury, Pierre GÉRARD s'adressait ainsi à lui :
"Guy Thomas, vous êtes, selon l'expression de François Mauriac, un « héritier de la poésie populaire française ».Dès la publication de vos premiers textes, vous avez été reconnu comme un auteur de valeur par des gens aussi différents que Georges Brassens, Léo Ferré, Jean Rostand ou François Cavanna. Cavanna a retenu nombre de vos poèmes au vitriol pour les publier dans Hara-Kiri, Hara-Kiri Hebdo, puis dans Charlie Hebdo.

Après les poètes suivants :
1956 René Pelletier Le Verger sous la terre (imprimerie Grosjean, Besançon)
1969 Anne-Marie Fabry Rivages (imprimerie Roux, Gray)
1980 Guy Henry Saisons de miel (L’Amitié par le livre, Paris, 1978)
1985 Pierre Villeminot Nelida (écrit en 1936) (L’Amitié par le livre, Paris, 1984)
1986 Pierre Perrin Lycée-Passions Une attente démesurée (Possibles, 25 Chassagne St Denis)
1989 Raymond Janier Les Egéennes (Poètes de notre Temps, 1982)
1992 Gérard Peter Au fil du Doubs (Editions de Borée, 69 Lyon, 1992)
2000 Laurence Sémonin Le cri du Milan (JC Lattès, Paris, 2000)
2014 Bernard Kudlak L’Abécédaire du Cirque Plume (25 Besançon, 2014)

Guy Thomas, inscrit Chevrotines et folies douces au nombre des ouvrages poétiques récompensés par le Prix Louis Pergaud.
Nos félicitations et remerciements vont à tous les auteurs qui ont participé au pris 2017 et à leurs éditeurs.
Guy Thomas, vous êtes né en 1934 à Verviers (Belgique) d’une mère belge et d’un père bourguignon. Après une enfance difficile, envoyé de pensionnat en pensionnat, vous avez trouvé votre voie grâce à l’aide bénéfique de son professeur de français, au Lycée Carnot de Dijon. Vous avez poursuivi ses études à la faculté des lettres de Dijon, puis vous avez été remarqué par François Mauriac qui vous nomma « héritier de la poésie populaire française » et surtout par François Cavanna, qui vous accueillit à Hara Kiri, puis à Charlie Hebdo, en 1962.
Devenu professeur de lettres – histoire au lycée d’enseignement professionnel de Champagnole (Jura), vous ne quitterez plus le Jura, et le village de Pillemoine où vous vous installez en 1985.
Reconnu par Jean Rostand, Léo Ferré, Georges Brassens, Le Monde et Le Canard enchaîné le remarquent et l’orientent vers Jean Ferrat, qui met en musique et interprète « La leçon buissonnière » en 1972 ; l’album de Jean Ferrat intitulé « Je ne suis qu’un cri », est entièrement composé de textes de Guy Thomas : ce disque sera plusieurs fois disque d’or et de platine, et fera l’objet d’une émission spéciale de Bernard Pivot. Jean Ferrat et Guy Thomas deviennent amis ; vous avez été soutenu par l’éditeur Gérard Meys, par Francesca Solleville, par James Ollivier et par Isabelle Aubret. Depuis 2008 avec l’aide de l’Association Chantepoète et le soutien de la chanteuse Franc-comtoise Josette Jagot et ses musiciens, vous organisez des spectacles d’abord en Franche-Comté, puis en Bourgogne et en Alsace, en Ardèche, en Ile-de-France et en Belgique. Des chanteurs Québécois, Christiane Asselin et Pierrot Fournier interprètent ses chansons depuis peu.
Vous le chansonnier parisien – c’est ainsi que je ressens vos cris, vous le révolté permanent, depuis si longtemps, je pense que vous avez trouvé la sérénité dans les monts jurassiens, ceux que Louis Pergaud aimait tant, et de cela je vous sais gré."

En présence de M François Vauglin, maire de Paris 11e qui accueillait la cérémonie dans la grande salle des fêtes de sa mairie, des jurés MM Claude Duboz et Maître Serge Pautot, président des Francs-Comtois à Marseille et en Provence, de M Pascal Curie, conseiller municipal de Besançon, représentant le maire M Jean-Louis Fousseret et au nom également de Mme Christine Bouquin, présidente du Conseil départemental du Doubs,
de Mme Geneviève Peres-Labourdette, représentant Mme Guillemette Soum-Boyer, présidente de l'association Le Jura Français, et de M Brice Leibundgut, président de l'association Les Amis de Louis Pergaud,
et devant une assistance nombreuse de membres de l'association et d'amis du récipiendaire, dont M Gérard Meys, éditeur,
Pierre Gérard, président de l'association Les Francs-Comtois à Paris et en Ile-de-France, président du Jury du prix Louis Pergaud, a proclamé que Guy Thomas est le lauréat 2017 du Prix Louis Pergaud.


 Cérémonie de remise  du PRIX LOUIS PERGAUD 2016

Discours de Pierre Gérard, président du Jury du Prix Louis Pergaud et de l’association Les Francs-Comtois à Paris et en Ile-de-France en Mairie de Besançon, salle Gustave Courbet le jeudi 13 avril 2017, 18 h 30

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers amis,

  

Je voudrais, d’abord remercier la Ville de Besançon et son maire Jean-Louis Fousseret de nous accueillir en cette belle salle Gustave Courbet. Et je salue toutes les responsables de Franche-Comté qui nous font l’honneur d’être présents.

Avant toute chose je me dois de rappeler celui qui nous rassemble ici ce soir.

Louis Pergaud disparut sur le front le 8 avril 1915 à Fresnes en Woëvre (Meuse), voici donc 102 ans. Mort pour la France pendant la Grande guerre nous rappelons à chaque cérémonie son sacrifice pour la patrie, comme celui de plus de 500 écrivains français. Depuis 2015 notre association organise au mois d’avril de chaque année en son souvenir le ravivage de la flamme au soldat inconnu sous l’Arc de triomphe à Paris. Le nombre total des victimes du plus grand conflit mondial représente environ 18,6 millions de morts, soit 9,7 millions de militaires et 8,9 millions de civils.

Le Jury du Prix Louis Pergaud remercie Mme Christine Bouquin, présidente du Conseil départemental du Doubs, représentée par M Philippe Gonon, vice-président chargé notamment du patrimoine, et M Jean-Louis Fousseret, maire, président du Grand Besançon, représenté par M Patrick Bontemps, adjoint au maire chargé notamment de la culture et du patrimoine historique, pour leur soutien indéfectible au prix. Le Département du Doubs apporte depuis 2007 sa part au soutien de la lecture publique en offrant notamment la dotation au lauréat et la Ville de Besançon depuis 2003 l’emblème du prix remis aux Lauréat-e-s.

Je remercie les Jurés qui ont participé à la désignation du lauréat 2016, dont Claude Duboz, de la famille de Louis Pergaud.

J’ai plaisir à remarquer dans notre assemblée mes amis les lauréats du Prix : Mme Michèle Tatu, Jurée du Prix et lauréate 2000, mais aussi Lyonel Estavoyer, lauréat 2010…

Les jurés absents m'ont demandé d'être leur interprète pour féliciter le lauréat :
M André Besson, Mme Françoise Desbiez, Maître Serge Pautot, Président des Francs-Comtois à Marseille et en Provence, M le professeur Etienne Tissot, juré retenu à Lyon, MM Roger Faindt, et Michel Dodane.

Je dois excuser également d’autres personnalités indisponibles, notamment M Jacques Pélissard, député du Jura et maire de Lons Le Saunier.

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

L'association des Francs-Comtois à Paris a créé le Prix Louis Pergaud en 1953 pour maintenir cette mémoire et honorer celles et ceux qui défendent notre façon de vivre. Le jury remettait, voici 61 ans, le Prix qui porte fièrement son nom, à l'initiative d'un de mes prédécesseurs le président Maître Henry Le Fraper. Depuis 1954, 73 lauréats ont ainsi été honorés.

En cette année 2016 le jury avait à choisir entre 5 ouvrages.
Les dix jurés se sont exprimés en deux tours. Au premier tour :
La vie secrète du fonctionnaire, Arnaud Friedman, obtenait 4 voix
Là où tombe la neige, Philipe Koeberlé : 3 voix
Kerguelen, peintre soldat, Mario Absentès : 1 voix
Il est des morts qu’il faut qu’on tue, Roger Martin : 1 voix

Au second tour

1 voix pour Philippe KOEBERLE Là où tombe la neige, Editions Coxigrue.
Et 8 voix  pour La vie secrète du fonctionnaire
JC-LATTÈS, 17 rue Jacob 75006 Paris, septembre 2016
pour Arnaud FRIEDMANN, qui devient donc le lauréat 2016 du Prix Louis Pergaud.
Nos félicitations et remerciements vont à tous les auteurs qui ont participé et à leurs éditeurs.

Le Lauréat, né à Besançon en juillet 1973 a publié six romans et La vie secrète du fonctionnaire est son premier ouvrage de Nouvelles.

Il a déjà été récompensé par divers prix, celui du livre franc-comtois de France Bleu en 2012, et pour le même titre, Grâce à Gabriel, la même année celui de la ville de Lunéville, comme en 2011 pour Jeanne en Juillet, pour lequel il avait déjà sollicité le prix Louis Pergaud, ou Le tennis est un sport romantique en 2013. Auparavant il a participé aux publications de l’ALAC (littéraire des Auteurs Comtois), et de la revue Images de Franche-Comté dès 2002.

Titulaire de diplômes : DESS Cadres en relations européennes (Université de Franche-Comté) en 1997, maître en histoire contemporaine (1975-1995, 20 ans d’immigration cambodgienne dans le Doubs) en 1995, Licence de Lettres Modernes en 1994… Ses expériences professionnelles l’ont conduit à des postes de direction de l’emploi dans les Vosges (Saint-Dié) et en Bourgogne (Auxerre). Il a animé des ateliers d’écriture pour des collège et lycées, ainsi que des soirées littéraires. Il est vice-président et trésorier du Centre régional du Livre de Franche-Comté depuis 2015.

Ecrivain depuis l’adolescence, il a vécu de nombreux postes dans la fonction publique.

Pour qui a déjà goûté aux métiers du service public, il est certain qu’Arnaud Friedmann montre dans ces dix nouvelles qu’il en a éprouvé les joies et difficultés.

Ses personnages semblent plus vrais que nature, même si les situations sont parfois caricaturales, c’est-à-dire effrayantes, exagérées, jusqu’à donner le tournis…

Il entre dans l’intimité de situations, où il se sent à l’aise jusqu’à porter des jugements nets et sans appel. Est-ce cela qui donne à son ouvrage cette marque du réalisme ?

J’ose dire pour ma part que je sens dans certains passages la condamnation que le grand public, mené par les médias actuels, porte à des employés tenus pour responsables des maux que ressentent les citoyens. Les fonctionnaires sont, autrement dit, souvent entre le marteau et l’enclume.

Et ce malaise est très bien rendu, cette impression que l’avenir est écrit, qu’il n’est maîtrisé par personne, pas même les supérieurs des fonctionnaires…

La vie secrète du fonctionnaire est un plaidoyer pour une évolution démocratique de l’emploi public que les responsables ont souvent jusqu’ici tenté de condamner à imiter les emplois privés dans ce qu’ils ont de plus restrictif.

Je vous invite à lire, et même relire l’ouvrage d’Arnaud Friedmann, d’abord comme un polar, ensuite comme un terrible descriptif de nos propres angoisses.

Pierre Gérard